dimanche 1 mai 2011

[1er mai] La chanson des travailleurs

Vous cherchiez une mélodie à laisser trotter dans la tête pour cette fête du Travail? Alors laissez moi vous faire découvrir "Worker's song". Cette chanson a été écrite au milieu des années 70 par Ed Pickford et est aujourd'hui très répandue outre-manche dans les milieux populaires. Prenez garde âmes sensibles, car elle est reprise ici par le groupe Dropkick Murphys, un groupe américain de punk celtique.



Pour les puristes, vous trouverez ici la version originale interprétée en 1981 par le chanteur écossais Dick Gaughan. Enjoy!

samedi 30 avril 2011

Le 1er mai: Défiler ou spéculer?

La crise de 2008 a été suivie de pas mal de beaux discours et d'une cascade de bonnes intentions sur la réforme de la finance mondiale. Même des médias économiques comme BFM TV ou Les Echos avaient enfin ouvert leur antenne et autres colonnes à ceux qui avaient prêché pendant tant d'années dans le vide sur la régulation financière. Ce temps est révolu.
Aujourd'hui ces deux mêmes médias font volte-face en offrant leur soutien à la XTB trading cup 2011. La plate-forme de trading en ligne XTB, qui organise cette coupe, la présente comme "le plus grand concours boursier européen". Rien que ça.


Le principe est assez simple. On est invité à s'inscrire gratuitement, apprendre à spéculer, et faire mumuse ensuite avec les cordons de la bourse. Rassurez-vous (qu'ils semblent nous dire), les marchés  en présence et l'argent qui s'échangera sur eux sont totalement virtuels. Les prix à gagner, eux, sont bien réels: 1 million d'euros et une Mercedes SLK. Afin d'apater le chalan, le champion de F1 Lewis Hamilton fait office de VRP de luxe comme l'atteste cette video:


Au-delà de l'aspect ludique, ce jeu constitue pour moi un symbole fort de la période que nous vivons. Malgré les quelques institutions et règles macro-prudentielles mises en œuvre ici et là, les leçons de la crise financière n'ont pas véritablement été tirées. Preuve en est ce nouveau jeu à con où les marchés sont présentés comme un vaste terrain de jeu où chaqu'un pourra montrer ses biceps comme sur un ring. Économie réelle, Utilité sociale des investissements et Prudence, 3 notions particulièrement prisées dans les discours économiques de ces 3 dernières années, sont bel et bien absentes des principes ce challenge. A l'inverse, Hamilton est là pour nous rappeler par son statut d'homme rapide, que le maitre-mot des marchés financiers est toujours de gagner de l'argent vite et bien. 

Comble de l'ironie, les organisateurs ont choisi la date du 1er mai, journée traditionnelle de la fête du Travail, pour lancer leur gros machin. Bienvenue dans le monde d'avant...

vendredi 11 mars 2011

Libye: non-assistance à peuple en danger

© AFP
James Clapper, directeur des services de renseignement américains, a déclaré jeudi devant le Congrès que la révolution libyenne avait de grandes chances de ne pas aboutir. Pour beaucoup, le vent a tourné en Libye, soufflant maintenant vers la poupe d'un Kadhafi qu'on croyait sur la fin il y a encore peu de temps. Après des semaines atermoiements, certaines puissances occidentales, États-Unis en tête, semblent prêtes à tourner tels des girouettes avec ce vent du destin. Encore quelques jours de progression des troupes loyales à Kadhafi, et nos diplomates adorés expliqueront que les appels au départ du dictateur n'étaient que des injonctions qui pourront être oubliés sans difficultés, moyennant quelques gestes insignifiants de la part du guide de la révolution. 

L'affaire est-elle donc entendue? La révolution libyenne restera-t-elle dans l'histoire comme un essai non transformé? Je ne pense pas, et je suis même convaincu qu'il est plus que jamais temps d'agir. Arrêtons cette diplomatie de petits garçons peureux, qui tremblent comme des feuilles à l'idée de déclarer "la guerre" (oups, le mot est lâché) à un dictateur (un vrai, un dur, un tatoué) qui massacre son peuple et n'hésitera pas à le réprimer plus durement encore si son retour victorieux est confirmé.

Quitte à contourner l'opposition de la Chine et de la Russie à une option militaire, le conseil  européen de ce  vendredi doit acter enfin la mise en place de la zone d'exclusion aérienne demandée par les forces insurgées libyennes. Par ce biais, il faut empêcher l'aviation militaire pro-régime de pilonner les courageux rebelles qui n'ont en main qu'un armement limité, sûrement pas aérien, et dont ils savent à peine se servir. La loi internationale de l'inertie actuellement en vigueur est la loi du faible, et il faut y mettre un terme. 
Bien évidemment, il n'est pas question de voir la solidarité démocratique internationale se manifester via ce fameux droit d'ingérence qui légitimerait l'intervention étrangère de troupes terrestres sur le sol libyen. Aucun des deux camps, insurgé comme occidental, ne gagnerait quoi que ce soit dans cette option. Les premiers se verraient voler leur révolution là où les seconds se feraient tailler un costard tout neuf de puissance coloniale. A l'opposé, les principes qui légitiment la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne sont à mes yeux plus clairs. Il s'agit d'une part de démontrer que la solidarité internationale n'est pas qu'un concept et qu'elle existe entre les peuples qui aspirent à cette valeur fondamentale qu'est la liberté. L'autre enjeu est de mettre en œuvre dès maintenant un principe simple mais fort, qui n'existe pas aujourd'hui dans le droit international, celui de non-assistance à peuple en danger.


samedi 12 février 2011

Paroles de Français: l'arnaque "sans précédent" de Sarkozy sur l'emploi

© express.fr
Je dois l'avouer, je fais parti des 25% à peine de 25-34 ans qui ont regardé, ou plutôt subi, la prestation de Nicolas Sarkozy dans l'émission Paroles de français. Ce ne fut pas une partie de plaisir, et le fauteuil dans lequel j'étais assis se souvient encore des nombreux bonds que j'ai fait tout au long de la soirée. Sécurité, immigration, justice, islam: il faut dire que TF1 avait déjà bien salé le menu que notre cher président ne s'est pas privé d'alourdir un peu plus. Au-dela de ces thèmes, c'est sur la question de l'emploi que j'attendais Nicolas Sarkozy. Autant dire qu'au moment où ce domaine a été abordé, mon siège n'en était pas au bout de ses peines.

Sans sourciller, Sarko n'a rien annoncé de moins qu'un "plan sans précédent" pour l'emploi. Rien que ça! Dans sa besace, un chèque de 500 millions d'euros destiné à doper les contrats en alternance, à renforcer l'accompagnement des chômeurs de longue durée et à favoriser l'insertion professionnelle des "jeunes des quartiers". 

A l'inverse du survol des sujets orchestré jeudi par Jean-Pierre Pernaut, je vous propose de disséquer toutes ces annonces. Je vous annonce tout de suite la couleur: on s'est bien fait enflé.

"500 millions d'euros de plus pour l'emploi": Un peu moins dans le moins

L'investissement parait conséquent, mais il est beaucoup moins impressionnant que la diminution des crédits de l'emploi, du travail et de la formation professionnelle actée dans la loi de finances de l'Etat pour 2011. Ce sont en effet 11,4 milliards d'euros qui ont été prévus pour cette année contre 15 milliards en 2010, soit une baisse de 24% des crédits. Avec le demi-milliard annoncé jeudi soir, le budget de l'emploi restera donc amputé de 3,1 milliards d'euros par rapport à 2010. On aura vu mieux comme "plan sans précédent" pour l'emploi.

Mêmes symptômes concernant les contrats aidés. Ces contrats uniques d'insertion (CUI), pris en charge à 70% par l'Etat, visent à faciliter l'embauche d'individus très éloignés de l'emploi. Le président a annoncé jeudi vouloir financer 110.000 contrats aidés supplémentaires en 2011. La réalité est moins généreuse et cette déclaration vient poursuivre trois années de stop and go dans la gestion gouvernementale du nombre de CUI. De 330.000 contrats aidés déployés en 2009, le gouvernement avait placé la barre à 500.000 contrats en 2010 avant de baisser leur nombre à 390.000 contrats dans le budget 2011. Résultat: les 110.000 contrats "supplémentaires" promis par l'ami Sarkozy ne feront donc que rétablir le nombre de contrat qui préexistait en 2010. "Sans précédent" qu'il nous a dit le monsieur.

"Un million de jeunes en alternance": J'ai dit combien?

L'objectif de booster le nombre de contrats en alternance est partagé par tout ce que le monde du social et de l'éducation compte d'acteurs. Je partage cette ambition. Mais la tâche parait difficile étant donné la morosité ambiante sur le marché de l'emploi. Fin 2010, les statistiques du ministère du Travail annonçaient 414.000 contrats d'apprentissage et 173.000 contrats de professionnalisation, c'est à dire moins qu'en 2005. La crise est passée par là et les employeurs ont boudé l'alternance malgré les aidés et autres exonérations de "charges" initiées par le plan de relance de 2009*. Ce ne sont donc pas des nouvelles exonérations qui vont pérenniser l'alternance et assurer l'essor de ce dispositif, mais bien plus un engagement volontariste des entreprises et des branches dans ces formations, comme c'est le cas en Allemagne. 

Qui plus est, si les journalistes avaient un peu moins le nez plongé dans l'actualité immédiate, ils auraient sans doute découvert le pot aux roses quant aux ambitions affichées par le président. Dès 2009, le président avait déjà annoncé vouloir "doubler le nombre de contrats en alternance", soit passer de 600.000 à 1,2 million de contrats. Cet objectif avait même été réaffirmé par le même Nicolas Sarkozy lors de son interview télévisée du 16 novembre 2010. Mais avec un million de contrats annoncés jeudi soir, ce sont 200.000 d'entre eux qui ont disparu de l'objectif présidentiel. Qui sait, encore deux interviews d'ici 2012 et l'objectif affiché pourrait bien être d'en rester à la situation actuelle.

"Proposer à tous les chômeurs de longue durée soit une formation qualifiante, soit un emploi": Tous! Ou presque.

Très fort! Sarkozy nous propose ici ce qui devrait être le quotidien de l'action de Pôle Emploi. Par cette mesure, il reconnait de fait le désastre causé par son action et celle du gouvernement dans le pilotage du service public de l'emploi. Malheureusement, pas une "parole de français" n'est venue lui rappeler les coupes claires effectuées en 2010 dans les moyens humains et financiers de Pôle Emploi. Alors même que le chômage de longue durée a explosé en 2010 (+36%), l'Etat s'est payé le luxe de supprimer 1.800 postes à Pôle Emploi tout en diminuant sensiblement la subvention qu'il lui alloue chaque année. 

La France compte actuellement 1,5 million de chômeurs de longue durée, c'est à dire au chômage depuis plus d'un an. Si nous suivons le président, "tous" ces individus devraient se voir proposé un accompagnement renforcé dans les trois mois. Mais il y a un hic, et il vient de Xavier Bertrand. Dans un entretien au Figaro publié le lendemain de l'interview présidentielle, le ministre du Travail annonce pour sa part que 130.000 chômeurs de longue durée seront accompagnés en 2011 (+30% par rapport à 2010). De la totalité des chômeurs de longue durée évoquée par le patron la veille, on passe donc à même pas 9% d'entre eux. Du volontarisme comme on aime!

Favoriser l'insertion professionnelle des "jeunes des quartiers": la blague!

Xavier Bertrand (toujours lui) a poursuivi vendredi le service après-vente des annonces présidentielles lors d'un déplacement à Lille. Il a précisé à cette occasion la nature exacte des fameux contrats aidés à destination des "jeunes des quartiers" évoqués par son mentor, quelques heures avant, sur le plateau de TF1. L'objectif est selon lui d'"augmenter de 50% le nombre de contrats d'autonomie pour les jeunes dans les quartiers sensibles" et de le porter à 15.000 en 2011. Enième bond sur mon pauvre fauteuil. L'échec cuisant de ce contrat, lancé en 2007 par Fadela Amara, aurait dû légitimer son enterrement en 2011. C'est sans compter dans l'obstination du gouvernement à prolonger des mesures dont l'inefficacité ne fait plus de doutes. Fadela Amara elle-même reconnaissait devant l'Assemblée nationale le 8 septembre 2010 que 15% seulement des contrats d'autonomie signés jusque là avaient débouché sur un emploi stable ou une formation qualifiante.


Ma dissection s'arrête ici. Elle pourrait se prolonger dans d'autres domaines, mais la nausée n'est pas loin. Une chose est sûre, l'émission Paroles de français n'a pas engagé la parole aux français du président du "travailler plus pour gagner plus".


* Cela démontre un peu plus que le "déficit de compétitivité" de la France n'est pas lié au soi-disant coût exorbitant du travail. En effet les contrats en alternance, tous comme des contrats aidés, coutent moins chers aux employeurs qu'un CDD ou un CDI "normal". 

dimanche 23 janvier 2011

La fabrique à Marine Le Pen

© KEYSTONE
On pense généralement que c’est l’actualité qui dicte le contenu des journaux. Or c’est exactement le contraire : c’est le contenu des journaux qui dicte l’actualité. Depuis deux ans, les journalistes ont fabriqué Marine Le Pen. Aujourd’hui, ils travaillent à lui ouvrir, bien malgré eux, les portes du second tour de la présidentielle 2012.

Bruno Gollnisch aurait sans doute eu ses chances pour briguer la tête du FN. Hélas pour lui, les médias ont focalisé leur attention sur la fille du chef. La campagne municipale d’Hénin-Beaumont en est le meilleur exemple : combien de villes de 25 000 habitants ont eu droit à une couverture de leurs élections municipales par les journaux télévisés de TF1 et France 2 ? Pas beaucoup, en effet.

Ces dernières semaines, la désignation du nouveau président du Front National a fait l’objet d’une couverture médiatique massive. Trois unes de Libé depuis le 15 janvier dernier. Marine en plateau du 20 heures de David P, invitée de Jean-Jacques B. sur RMC et BFM TV… J’en passe et des meilleures, car l’objet n’est pas ici de faire l’inventaire de ses apparitions médiatiques. Constatons simplement que le FN, que les mêmes journalistes disaient moribonds il y a à peine trois ans et demi, est aujourd’hui l’objet de toutes leurs attentions.

Les médias jouent un rôle important de leaders d’opinions. En décrivant la mutation de Marine Le Pen, en s’attardant sur la manière dont elle travaille à la dédiabolisation du FN, ils ne font que la rendre plus politiquement correcte, plus acceptable dans le paysage politique. A ce rythme-là et si nous suivons bien ce raisonnement, il n’y aura bientôt plus de honte à voter FN. 

Au lendemain du premier tour, ils diront qu’ils parlaient d’elle comme du danger qui monte. La réalité est qu’ils parlent d’elle parce qu’elle fait vendre. La presse n’est pas une œuvre caritative, c’est une activité commerciale. On devrait toujours s’en souvenir quand on ouvre un quotidien, quand on allume la télé ou qu'on branche la radio. Si Marine Le Pen remonte dans les sondages, ce ne sera qu’un regrettable dommage collatéral et mécanique de l’activité commerciale d’information.

Dédicace à celui grâce à qui cet article a vu le jour. Un chic type avec lequel j'ai participé à la rédaction du bouquin "10 raisons d'aimer (ou pas) l'éducation populaire". 

jeudi 20 janvier 2011

Quel rapport entre Oxmo Puccino, Cyrano de Bergerac et Florent Malouda?

Vous ne me verrez pas souvent prendre une partie de ma pause de midi pour faire la promotion du grand capital sur ce blog. Pour autant, l'amateur de football, de belles lettres et de musique que je suis n'a pas pu résister à l'envie de saluer le travail de ceux qui ont bossé avec la firme Nike sur l'officialisation de son nouveau statut d'équimentier officiel des bleus. Au delà du nouveau maillot (avec lequel l'équipe de France sera fin prête pour la coupe du monde 1930 en Urugway), c'est bien plus sur la campagne de publicité que mon attention s'est portée. Le parti pris de Nike est audacieux: réunir dans un format de 47 secondes un taulier du patrimoine littéraire français, un rappeur bien connu et une partie de nos valeureux grévistes de Knysna évoluant entre le tiéquar et le Grand Stade. Le pari est réussi.
A noter également dans cette pub que pour la première fois on a enfin osé mettre une femme sur le terrain. Un pas franchi qui mérite d'être souligné, même si notre footballeuse est furtivement représentée pour taper une magnifique barre. Qui sait, Nike la laissera peut-être marquer un but dans un prochain opus?
Une musique de Karl Jenkins (intitulée Palladio), un texte d'Edmond Rostand faisant croiser le fer à Cyrano de Bergerac, le tout lu par Oxmo Puccino. Je vous laisse apprécier le résultat.


En prime: le Teaser qui a précédé cette campagne de pub. En garde!

samedi 8 janvier 2011

Ce jour-là, nous étions la Génération Mitterrand

C'était le lundi 8 janvier 1996, et il devait être à peu près 13h45. Comme chaque jour, mes petits camarades de classe qui avaient passé le repas de midi chez eux revenaient au collège pour une après-midi de folies scolaires. Mais à la différence des autres jours, leur retour provoquait un bruissement inédit dans la cour et sous le préau. Ils étaient en effet porteurs d'une nouvelle que chacun s'empressait de partager et faire circuler. Je ne sais plus exactement qui m'a appris la mort de Mitterrand. Ce dont je me souviens, c'est que nous étions tous empressés d'en parler et donc touchés par cette nouvelle. 

Un repère de notre petit bout de vie venait de disparaitre. Nous sommes tous nés en 1982, c'est à dire après son élection, et il avait quitté le pouvoir même pas un an plus tôt. Nous n'avions vu que lui à la télévision. Que ce soit lors des vœux, des défilés du 14 juillet, des commémorations, des interviews ou du bicentenaire de la révolution, François Mitterrand avait constitué l'horizon indépassable de notre paysage politique d'adolescents pré-pubères. Tonton avait été LE président et nous réalisions ce jour-là que nous étions la "Génération Mitterand". Ce sentiment nous traversait quelque soit ce que nos parents avaient pu nous dire, de bien ou de mal, sur cet homme à l'allure de vieux sage. 

Cet après-midi de cours a dû passer comme une autre, je n'en garde pas de souvenir particulier. Après avoir passé une ou deux heures à l'étude, je suis rentré chez moi. Dans la soirée, j'étais posté devant le téléviseur familial quand débuta le générique du 19/20 de France 3. La marque "édition spéciale" annonçait la couleur d'une émission réservée à la mort de Mitterrand. Le générique laissa la place à une musique et un diaporama de photos en noir et blanc que je n'ai pas oublié et que j'ai redécouvert au hasard de Dailymotion. Il est là, conservé dans une archive télévisuelle quelque peu endommagée: mon souvenir le plus marquant de la mort de Mitterrand. J'avais 13 ans.